NEWS   UPCOMING   SHOP   ARTISTS   AUDIO   DANCES   BIO   INTERVIEWS   LINKS   GALLERY 

Interview with Starkey Banton

Starkey Banton

"Low profile" est l'adjectif qui désigne quelqu'un de modeste en anglais, c'est sans doute le meilleur qualificatif qui convienne à Starkey Banton. Militant reggae et rasta précoce, il commence à chanter en 1974 mais n'enregistre son premier morceau que 20 ans plus tard, sa collaboration avec Raggasonic à permis au grand public de faire sa connaissance. Surveillez son nouvel album enregistré avec Mad Professor qui devrait bientôt débarquer en France... JahScout est allé le trouver en Afrique à Serekunda (Gambie) où il habite désormais... Repatriation is a must !

Pourquoi avoir choisi la Gambie comme lieu de vie ?

Starkey Banton - J'y suis venu la première fois en 1996 avec Gregory Isaacs, on a fait quelques shows et j'ai vraiment aimé l'endroit, c'était ma première visite en Afrique... J'y suis revenu en 1998 et j'ai pu apprécier le développement de la musique reggae et je me suis dit que j'avais quelque chose à faire ici... Nombre de jeunes ici aiment chanter et DJ mais ils n'ont personne pour leur montrer la voie...

Peut-on parler de rapatriement ?

SB - Tout à fait, c'est l'essence même de ma démarche... Le système de Babylone n'est pas pour moi, en tant que jeune du ghetto le système a toujours été contre moi, on me demande d'adoucir ma musique pour être plus commercial...

Tu aurais pu aller t'installer en Shashamanie (terres Ethiopiennes offertes aux rastas par Hailé Sélassié) ?

SB - Je ne suis jamais allé en Shashamanie, mais pour moi l'Afrique tout entière est l'Ethiopie ! C'est la première chose à savoir... J'espère me rendre en Ethiopie un jour et voir la ville d'Addis Abbeba ... Mais, je dois tout d'abord poser mes fondations ici en Afrique de l'Ouest, car c'est ici que se trouvent mes origines ... Nos ancêtres sont partis d'ici, lorsque je suis venu en Afrique, je me suis rendu compte que ces gens et moi avions beaucoup en commun, qu'on partageait les mêmes traditions...

Ton premier nom n'était pas Starkey Banton ?

SB - Je me faisais appeler Starkey Super au début... En fait, mon tout premier nom était Papa Dee car mon vrai prénom est David... David Murray.

Il y a un autre Banton/Murray célèbre, Pato Banton, tu es de sa famille ?

SB - J'ai entendu dire qu'on était parent mais je n'en suis pas sûr... Parfois la trace de l'arbre généalogique se perd...

Comment as-tu connu Mad Professor ?

SB - Je connais Mad Professor depuis longtemps, mais on n'avait jamais collaboré ensemble avant... le moment n'était pas encore venu... Auparavant, j'ai enregistré un album pour Fashion puis on s'est séparé... C'est alors que j'ai revu Mad Professor qui m'a proposé de faire un album...

Parles-nous de ta collaboration avec Fashion ...

SB - Le premier album que j'ai fait pour Fashion s'intitulait " Powers Youth ", il est sorti en 1997. Dans la même période j'ai enregistré pour eux quelques 12 titres pour l'album " Ancient Spirit "... Cet album n'est jamais sorti et c'est un très bon album !

Quand pourra-t-on entendre ces morceaux ?

SB - Qui sait ? Ces morceaux sont sous licence de Fashion, ils les sortiront quand ils voudront... A l'époque, ils disaient que la musique se vendait mal et du coup ils ne pressaient que 500 ou 1000 exemplaires de chaque single et ne repressaient pas... Mon morceau le plus populaire fut " Ganja baby " produit par Frenchie en 1995...

Quand as-tu enregistré pour la première fois ?

SB - En 1993...

20 ans après le début de ta carrière ? !

SB - Je vais te raconter la vérité... J'ai toujours aimé la musique, DJ et chanter était un truc naturel pour moi, je n'ai jamais considéré ça comme un travail... C'était un plaisir ! Puis, j'ai vu des gens faire de l'argent et voyager loin avec ça et je me suis dit : pourquoi pas moi ? J'étais meilleur que nombre d'entre eux après tout...

Tu faisais partie du One Love Crew ?

SB - One love est un sound, je tournais avec eux à partir de 1989-90 aux côtés de Sweetie Irie, Screechy Loss et President Sass... J'ai enregistré " Plaits versus Lova Dread " avec Sweetie Irie, à la base ce morceau devait être une combinaison avec Ruddy Key, mais Ruddy est mort et je l'ai enregistré avec Sweetie...

Tu as sorti un morceau appelé " Don't Dis the Ras ", à qui s'adressait-il ?

SB - A l'époque, il y avait une soirée appelée " Mock the Dread ", je leur ai dis comment pouvez-vous vous moquer des dreads ? Alors que la fondation de cette musique vient de Rasta !

Dans la même veine, tu as un morceau anti-jungle aux lyrics agressifs appelé " Jungle Bungle "...

SB - Ce n'était pas vraiment agressif mais parfois la vérité blesse... La vérité touche les gens, alors je leur ai dit la vérité ... En fait, beaucoup de gens étaient d'accord avec ce que j'ai dit. C'est le cas avec General Levy qui est un bon ami à moi, personne ne connaît la jungle mieux que lui... General Levy a porté la jungle au sommet, puis on s'est retourné contre lui... Je n'ai fait que mettre en garde contre ceux qui ont lancé la jungle, ces gens là ne veulent pas que le reggaeman vienne dans leur business. Ils ont utilisé le reggae pour servir leurs intérêts personnels mais ils ne veulent pas de nous à leur table ! Si je fais un morceau, je ne me contente pas de me lâcher au micro... Je pense à ce que je dis et pourquoi je le dis, parfois des gens rigolent mais il s'agit d'un message sérieux comme avec mon morceau sur Versace...

De quoi parlait ce morceau ?

SB - Ce gars, Versace, il n'a jamais aimé pas les noirs... Alors, j'ai voulu dire aux gens : ce gars ne vous aime pas, pourquoi tant de noirs achètent ses habits ? Un gars qui ne t'aime pas il ne faut pas lui faire de pub ! Il faut le boycotter...

Que s'est-il passé ?

SB - Le jour de la sortie du morceau, Versace s'est fait assassiner ! ! Le même jour ! Avant sa mort, on avait joué le morceau à la radio et pour la première fois sur scène dans un big show avec Cocoa Tea et General Degree... Les gens ont adoré ! A Fashion, il n'y croyait pas jusqu'à ce fameux show... puis ils ont signé ! Suite au décès de Versace, ils l'ont censuré. Il y a bien eu une édition en white label chez Papa Levi, mais c'est tout...

Tu es apparu sur le 2e album de Raggasonic pour lequel tu as reçu ton premier disque d'or ...

SB - C'est à Frenchie que je le dois, il m'a toujours apprécié et voulait que j'aille loin... Il m'a connecté avec Raggasonic, je suis allé au studio et il m'a fait écouter le morceau... Frenchie m'a dit ce qu'il attendait, j'ai écrit sur place, je n'avais rien préparé... J'ai d'abord DJ puis j'ai dit à Frenchie que je préférais chanter et ça l'a fait ! On s'est revu plus tard pour une tournée de 2 semaines en France, j'ai entendu dire qu'ils s'étaient séparés... Parfois, la vie est comme ça... Mais, ce sont des bons gars et je serais prêt à bosser avec eux à nouveau car on se respecte mutuellement...

Quels sont tes projets en Gambie ?

SB - Je compte monter un studio, en ce moment j'ai un sound-system (Stereo Love) avec lequel je joue ici... Il y a beaucoup de jeunes très talentueux ici, j'aimerai leur donner une chance... Mon but n'est pas d'être célèbre mais d'aider mon prochain, j'ai toujours essayé d'aider les gens... Il n'y a aucun endroit aussi favorable au reggae à part la Jamaïque...

Un message pour tes fans ?

SB - Yes, plus de Starkey Banton dans l'avenir ! ! Je n'enregistre que depuis 93 mais mon expérience est riche de nombreuses années et si vous écoutez mes morceaux il y a toujours quelque chose pour vous à l'intérieur... Je bénis tous les artistes qui font de même !

Heartical Logo - Top of the page.